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L'humain au-delà de sa figure regroupe une sélection de travaux photographiques qui exposent une réflexion visuelle autour de l'homme, réflexion qui cherche à évoquer les liens profonds qui nous rattachent les uns aux autres.

Un parcours visuel à travers la matière: les œuvres sont articulées dans des séries selon les différentes phases d'intervention sur la matière et qui profilent à leur tour, les univers ou atmosphères qui caractérisent à chaque groupe : A fleur de peau (macro ou détail de fragment de peau), Mirages (symétrie et kaléidoscope) et Transfigurations (superposition de négatifs, intervention chromatique...).

Ces séries ont été réalisées grâce à la collaboration de modèles non professionnels, mais qui à mon sens, sont un échantillon de l'hétérogénéité d'une jeunesse parisienne qui s'interroge, non sans difficulté, sur les stigmates qui la marquent.

Dans la série à fleur de peau sont regroupées des images issues d'un travail qui s'étale dans le temps avant de parvenir à cette matière première et primaire, humaine et anonyme, qui restituée dans son détail (macro) et sans contexte, devient alors sujet universel ; le regard la reconnaît et puis s'identifie, juste avant n'importe quelle autre condition adjointe. Fragments qui ne permettent pas de catégoriser le sujet.

Mirages (symétries, kaléidoscope sur fragment) : Si le corps représente l'unité identitaire par excellence, c'est paradoxalement à travers d'un fragment de cette unité qu'il m'est possible d'évoquer la racine d'une dimension commune que nous partageons tous, la dimension d' "Êtres Humains", dans la perspective d'un corps générique et universel : l'humain devient alors « terrien » (confronté a son contexte), notion qui déplace la perception identitaire de l'individu vers le collectif que nous avons toujours constitué. Enfin un instant d'identification commune à tous, un territoire de convergence identitaire et de reconnaissance collective.

Dans ce sens, les séries d'effets de miroir (ou "reconnais-toi dans l'autre") ou de kaléidoscope (la démultiplication de cette racine commune) m'amènent par fois à disposer les images avec certaines variations, en diptyques, triptyques ou plus pour accentuer le lien qui est gardé dans la diversité.

Dans la série Transfigurations, le travail consiste à manipuler cette matière grâce à la superposition de négatifs et de positifs (diapositives), parfois teints avec filtres de couleur ou après les avoir numérisés et « trafiqués » en suite avec l'outil informatique.

Libérée de la contrainte de la forme, la matière humaine devient elle même le point de départ d'un processus qui interpelle l'imaginaire. Il ne s'agit plus de la représentation du réel (domaine de la photographie), mais d'inscrire dans la continuité, ce parcours non figuratif où la perception est déboussolée et dénuée d'un sens visuel "conventionnel", lui permettant de parvenir à une réflexion où l'élément humain se reconnaît avant sa forme : l'humain au-delà de sa figure.